Où se trouve dans la Bible et le Coran ce qui affirme le concept de rédemption ?

La Bible toute entière est centrée autour de la rédemption.

Dans la 2ème Epitre aux Corinthiens Ch5 v.14 « qu’une seule personne mourût pour tous ; désormais tous sont morts ».

Dans le Coran :

« Nous décrétons pour les enfants d’Israël que si quelqu’un tuait une personne ni en représailles d’un meurtre ni dans le but de répandre la mésentente dans le pays, cela reviendrait à avoir tué l’humanité entière, et si quelqu’un la ressuscitait, cela reviendrait à redonner la vie à l’humanité entière ».

Explication :

Pourquoi spécialement les Enfants d’Israël ? Comme s’ils étaient ceux qui ont crucifié le Christ.

« Quelqu’un tuait une personne ni en représailles d’un meurtre » signifiant un innocent qui n’a pas tué quelqu’un qui doit être tué selon la loi : « âme pour âme ».

«  Pour répandre la mésentente dans le pays » signifiant que c’est un homme pur et sans tache, n’ayant commis aucune transgression.

« Et si quelqu’un la ressuscitait » qui est l’innocent qui a été tué et ressuscité, et qui a été mis à mort par le peuple d’Israël ; ce n’est autre que le Christ.

Nous parlons aux hommes du XXIème siècle ; nous voulons une exégèse contemporaine pour cette raison.

Le concept de rédemption existe dans le Coran

L’imam Al-Nasfy dit à propos de la question relative à la rédemption du fils d’Abraham : « la rédemption est le fait d’être sauvé du massacre par un sacrifice… »

Chapitre du rang (sourat As-Saffaat 107) : « Et nous le rachetâmes par un grand sacrifice ».

Dans la Sainte Bible, la rédemption du fils d’Abraham se fit avec un bélier, le même est aussi mentionné dans le Coran.

Le peuple de Dieu étant esclave en terre d’Egypte, il en sortit la nuit de la dernière plaie qui fut celle de la mort des premier-nés, du premier-né du Pharaon au premier-né des animaux ; tous les premier-nés moururent sauf ceux du peuple de Dieu.

Dieu leur dit qu’un ange passerait pour tuer tout premier-né, vous devez prendre un animal de votre troupeau et le sacrifier, prendre son sang et marquer chaque côté de votre maison et le dessus de la porte ? Ce sang sera un signe pour vous dans les maisons dans lesquelles vous êtes. Et l’ange verra le sang et vous épargnera.

Ce fut le bélier de la rédemption ou le salut.

Ainsi donc, le premier-né fut racheté par un bélier.

Ce concept de rédemption est le même en Islam.

Aussi dans La rédemption d’Abdullah bin Abdul-Motaleb : le grand-père du prophète jura ceci à Dieu.

« O Dieu, si je dois engendrer dix enfants, je sacrifierai un de ceux-ci à la Ka’aba » ;

Il engendra dix enfants, voulut sacrifier celui qu’il avait choisi au hasard, c’était Abdullah, le père du prophète ; aussi, tout le peuple des Quraish vint pour l’en empêcher et il leur dit : 

« Que faire ? Je l’ai juré, dois-je lui offrir la rédemption ? »

Ils consultèrent une voyante, elle leur demanda : « Quel est le prix du sang versé si vous voulez racheter un coupable ? »

Ils répondirent : « Dix chameaux », elle répliqua «  Trouvez-les et s’ils ne les acceptent pas, vous en rajouterez dix par dix jusqu’à ce que Dieu soit satisfait ».

Ils firent alors une loterie entre Abdullah et les chameaux, Abdullah sortit, ils ajoutèrent dix chameaux ; ils répétèrent encore le tirage et encore une fois, c’est Abdullah que sortit, ils ajoutèrent donc encore dix chameaux et la loterie continua de désigner Abdullah jusqu’à ce que le nombre de chameaux à sacrifier atteigne cent ; alors le tirage désigna les chameaux ; ainsi donc, les chameaux sacrifiés rachetèrent son fils (2).

La question de la rédemption est traitée dans l’Ancien Testament en la personne du pécheur qui perpétue son péché, l’amenant à son sacrifice pour son rachat, Dieu leur a mis en place une telle loi que chacun devait offrir un bélier, un mouton ou une colombe en sacrifice, selon sa capacité d’offrande en rémission de sa sentence de mort méritée.

Dans l’islam, le Vénérable et le massacre des sacrifiés de la fête d’Al-adhaa (la fête sacrificielle)

C’est le but de la rédemption de l’homme.

Dans le livre de la religion islamique (en Iran), « la fête du sacrifice est appelée la fête du massacre, durant celle-ci, il est demandé à Dieu : O dieu, puisse ce sacrifice expier mes péchés et éloigner le diable de moi ».

Amas bin Malek raconta : « la paix du prophète vint sur lui par la scarification de deux béliers cornés et bondissant, il les massacra de ses nobles mains ».

Il fut mentionné que le prophète alors qu’il massacrait les béliers dit : « O Dieu, ceci est pour moi et pour quiconque ne fait aucun sacrifice au sein de ma nation ».

Al-Baz et Abut-Al-Sheikh narrèrent ceci de Abi-Saeed : « que la paix du prophète soit sur lui, ô Fatima, fait ton sacrifice et observe bien la première goutte de sang qui tombera, tu seras alors pardonnée de tes anciens péchés ».

Ils dirent : « Le massacre de Hady (le sacrifice) est le rapprochement au Dieu tout Puissant aussi vous devez terminer ce sacrifice et demander à Dieu de vous accorder la rédemption ; ainsi, chaque part du sacrifice rachète une part de vous (vos péchés) et vous éloigne de l’enfer, ainsi, plus le sacrifice est grand, plus vos parts seront grandes et plus grande sera la rédemption loin de l’enfer.

Les condition préalables à la rédemption

Qui est le rédempteur capable de racheter l’humanité entière ?

Le péché acquiert sa vraie valeur d’après le pécheur lui-même, tout autant que sa punition, il est mesuré par son rang social, ainsi la rédemption est liée à sa valeur personnelle ; par exemple, si je fautais envers un homme sous mon commandement , mon erreur serait limitée à une excuse ou une compensation financière, par contre, si je fautais à l’encontre d’un homme d’autorité, mon patron, ce serait alors une erreur très grave qui mériterait une punition importante et la simple excuse ne serait pas suffisante.

Si je fautais devant un homme d’Etat, ma faute serait alors atroce, c’est pourquoi, si je péchais devant Dieu, mon péché serait infini vis-à-vis de Dieu car Dieu est infini et je mériterais un punition infinie, aussi ma rédemption nécessiterait une expiation éternelle,aussi mon rédempteur qui devra expier mon péché devrait être également infini.

Le péché est une atteinte à Dieu, qui est infini, dès lors, le châtiment est infini, c’est la mort éternelle, aussi, le rédempteur qui devra s’occuper de cette punition devra être éternel.

Ainsi Dieu, et seulement lui, est si infini qu’il peut racheter l’humanité entière.

Dans l’islam, il est également dit que Dieu expie nos péchés.

Dans le chapitre sur le divorce (Sourat At-Talaaq 5) : « Quiconque craint Allah et Lui est obligé expiera ses péchés. »

Dans le chapitre de la table (Surah al-Ma’idah’)« J’expierai tes péchés et t’accueillerai dans les Jardins sous lesquels les rivières coulent ».

Expier signifie recouvrir les péchés, c’est la rédemption et le sacrifice du pécheur ; alors que le pardon consiste à enlever ses péchés, on comprend que l’expiation est différente du pardon.

Quand Adam et Eve péchèrent au Paradis, ils étaient nus, ils essayèrent de recouvrir leur nudité, cousant des feuilles de figuiers et fabriquant des ceintures pour couvrir leurs reins, mais quand le soleil se leva, les feuilles avaient séché et ils étaient à nouveau nus mais Dieu leur apporta de la peau et les recouvrit.

D’où venait cette peau ? C’était un animal sacrifié et sa peau fut prise pour couvrir leur nudité. 

Notes : 

  1. Tafsir Al-nasty (exégèse d’Al Nasfy) part 4, page 21

  1. Le livre du Mouloud par cheikh Mohammed bernak, page 17

  1. La religion de l’Islam, page 367

  1. Sahih Muslim, le livre d’ Al-Fikh (jurisprudence) part1, page 711

  1. Mesh-Kat al masabih , page 42

  1. Le réveil des sciences de la religion par Al-Gazaly, part 1, page 243

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    Script de l’émission du père Zakaria Boutros

     “Questions sur la Foi” – Séquence 12

    www.fatherzakaria.net – Merci au traducteur !